Mots-clefs

, , ,

Illustration par Milan Milanov

Il est difficile de lancer sa subjectivité dans le débat public. D’abord, parce qu’il faut être fort pour affronter les réactions que celle-ci suscite, d’autre part, car il faut avoir foi en son jugement.

Sur la toile, nombre d’internautes ont choisi le blog pour faire part à tous de leurs pensées. On peut y voir un fabuleux élan démocratique, on peut aussi y voir le déferlement d’une avalanche de futilité. La sphère médiatique – et Internet dans une plus large mesure – n’est pas devenue seulement le lieu de toutes les égalités, elle apparait aussi comme un torrent insaisissable, dont le débit ne cesse d’augmenter, et dans lequel il devient impossible de lutter contre le courant.

La vitesse de l’information nous invite trop rarement à enraciner une réflexion ou une opinion. Celles-ci sont emportées par la violence du courant : les scandales d’hier sont chassés par l’indignation d’aujourd’hui, qui sera elle-même remplacée par les surprises de demain.

Majoritairement, les blogs suivent le courant. Le blogueur réagit périodiquement aux événements qui font irruption dans les médias. Il encense, condamne, observe, ironise, s’indigne, interpelle… puis recommence avec un autre fait. Pour ne pas se noyer, le blogueur nage. Avec le courant, ou à contre-sens.

Pour ce site, j’ai choisi les pilotis. Je ne m’impose aucune régularité pour la parution des articles. Je ne tiens pas à accompagner le déferlement permanent des nouvelles qui nous assaillent. Je voudrais juste de temps en temps sortir de l’eau et tenter d’exercer ma pensée au calme. On peut avoir un avis sur tout, mais tous les avis ne méritent pas d’être partagés.

Publicités